Richard Gere révèle comment son soutien au Tibet a lui coûté sa carrière

Mardi 25 avril 2017 / Molly Lortie, / Tibet Post International

Dharamshala — En 1993, quand Richard Gere a prononcé son tristement célèbre discours sur l’indépendance du Tibet lors de la cérémonie des Oscars, il ne soupçonnait pas combien parler en faveur du Tibet pourrait porter atteinte à sa carrière, mais il révèle aujourd’hui les obstacles chinois qui l’ont empêché de jouer à Hollywood.

En 1993, Richard Gere a improvisé en ne prononçant pas le discours préparé pour les Oscars mais en dénonçant la Chine et en soutenant l’indépendance du Tibet, disant que sachant combien la situation des droits de l’homme était épouvantable en Chine et au Tibet, il se demandait, si nous pouvions tous immédiatement adresser l’amour, la vérité et la raison à Deng Xiaoping à Pékin, celui-ci retirerait ses troupes du Tibet et autoriserait ces gens à vivre libres, en peuple de nouveau indépendant.

L’acteur avait été la vedette d’un grand nombre de films à succès dans les années 1980 et 1990, comme Pretty woman, Officier et gentleman, Runaway Bride et Affaires privées, mais ce succès s’est interrompu depuis, l’acteur apparaissant dans des rôles plus petits du cinéma indépendant.

Richard Gere a dit que le manque de propositions était du à sa critique de l’occupation chinoise du Tibet. Selon lui, Hollywood craint d’offenser la Chine qui est à présent le second marché au box-office.
” Il y a manifestement des films où je ne peux pas jouer car la Chine dira “pas avec lui” a t’il déclaré au Hollywood Reporter. “Dernièrement, quelqu’un a dit qu’il ne pourrait pas financer un film avec moi car cela dérangerait les Chinois.”

Quelques années seulement après l’incident des Oscars, en 1997, Richard Gere a joué dans le thriller de Jon Avnet, Red corner, le rôle d’un homme d’affaires américain en Chine accusé à tort de meurtre. Il se souvient : ” Tout le monde était satisfait de ce film. J’ai reçu des appels des dirigeants du studio, j’ai été chez Oprah. Et puis j’ai reçu des appels surgis de nulle part disant tout le contraire.” La MGM voulait conclure un accord global avec les Chinois. La Chine leur a dit que s’ils sortaient ce film, ils ne l’achèteraient pas. Ainsi, ils l’ont coulé.

Continuant à parler de sa carrière brisée, Richard Gere se souvient qu’il allait faire quelque chose avec un réalisateur chinois, et deux semaines avant de commencer le tournage, il m’a appelé pour me dire “désolé, je ne peux pas le faire.” Richard Gere révèle que plus tard, ils ont échangé par téléphone sur une ligne protégée. S’il avait travaillé avec ce réalisateur, lui et sa famille n’auraient plus été autorisés à quitter le pays, et il n’aurait plus jamais travaillé.
La star Susan Sarandon affirme qu’il y a un double standard. “Peu importe ce que vous dites de Trump, parce qu’Hollywood déteste Trump, mais ce qu’a dit Richard, c’était courageux. Il attirait l’attention sur des choses que tout le monde s’était accordé à ignorer. La faute est là.”

Richard Gere, 67 ans, bouddhiste et ami de longue date de Sa Sainteté le Dalai Lama, chef spirituel en exil du Tibet, a poursuivi son activisme pour les droits de l’homme au Tibet, il a co-fondé la Maison du Tibet et la présidence d’International Campaign for Tibet. Son soutien au mouvement en faveur de l’indépendance du Tibet fait qu’il est interdit d’entrer en Chine.

Malgré le tournant dans sa carrière, Richard Gere reste positif et philosophe. “Les studios sont intéressés par la possibilité de faire d’énormes profits. Mais je fais toujours les mêmes films qu’à mes débuts. D’intéressantes petites histoires narratives axées sur un personnage. Ca n’a pas du tout changé ma vie “