Le Canada exhorte la Chine de laisser accéder à un haut personnage religieux tibétain disparu depuis des années

Source :  Tibetan Review

Traduction :   CTF

(TibetanReview.net, 17 novembre 2017) – Le Canada a appelé la Chine à laisser les officiels des droits des Nations Unies rendre visite au 2ème personnage religieux le plus important du Tibet, le 11ème Panchen Lama Gedhun Choekyi Nyima, disparu à l’âge de 6 ans et retenu prisonnier depuis 1995, et qui n’a jamais été vu ou entendu depuis. On ne sait pas quand la ministre des affaires étrangères du Canada, Chrystia Freeland, a lancé cet appel devant le parlement, bien que la déclaration de l’Administration centrale tibétaine mise en ligne sur son site Tibet.net le date du 16 novembre.

La déclaration dit que Freeland a demandé à la Chine d’autoriser le Haut commissaire pour les droits de l’homme des Nations Unies, ainsi que le rapporteur spécial des Nations Unies sur la religion et les croyances, à rendre visite à la personnalité religieuse tibétaine disparue depuis des années. La Chine a par le passé affirmé que le 11ème Panchen Lama, reconnu comme tel par le Dalai Lama, chef spirituel tibétain en exil, ne souhaitait pas être dérangé, tout en refusant d’accéder aux demandes répétées des dirigeants politiques étrangers et des hauts responsables des Nations Unies pour les droits de l’homme de le rencontrer.

La déclaration de la ministre aurait été une réponse aux questions écrites soumises en juin par M. Randall Garrison, parlementaire et vice-président du groupe d’amitié pour le Tibet. Il avait demandé quels efforts étaient entrepris par le gouvernement canadien pour mettre en oeuvre ses “Lignes directrices pour le soutien des défenseurs des droits de l’homme” dans le cas du Tibet. Il avait également cherché à savoir quels efforts le Canada faisait pour amener la Chine à “fournir des preuves irréfutables de la situation et de la bonne santé du Panchen Lama du Tibet, Gedhun Choekyi Nyima”. Et il demandait quels progrès étaient faits par l’ambassade du Canada à Pékin pour obtenir la permission qu’une délégation diplomatique canadienne rende visite au Panchen Lama du Tibet en détention.

En réponse, la ministre des affaires étrangères a dit avoir demandé à la Chine de “fournir des informations sur la situation de Gedhun Choekyi Nyima et de ses parents, sur le niveau d’éducation qu’il avait atteint, et la date espérée de son retour ainsi que de ses parents.” La Chine a auparavant prétendu que Gedhun Choekyi Nyima étudiait, tout en niant qu’il était le Panchen Lama, étant donné qu’elle avait installé un autre garçon à la place du 11ème Panchen Lama.

Freeland a réitéré l’engagement de son gouvernement à poursuivre les discussions franches avec la Chine sur la question des droits de l’homme et de l’Etat de droit au Tibet, et à “rechercher un accès plus grand au Tibet” pour les délégations et diplomates canadiens : “Le gouvernement du Canada continuera à exhorter le gouvernement chinois à respecter les droits du peuple tibétain et à prendre les mesures pour l’amélioration de la situation des droits de l’homme dans les régions tibétaines”.