Pour la Chine, pas d’excuse pour les officiels étrangers qui rencontrent le Dalai Lama

Publié le 21 OCt 2017

Reuters Staff / source : Reuters

PEKIN (Reuters) – Les dirigeants étrangers qui rencontrent le chef spirituel en exil, le Dalai Lama, ne peuvent imaginer s’en sortir en disant le faire à titre personnel, car ils représentent leur gouvernement, a dit un officiel chinois samedi.

La Chine considère le Dalai Lama, qui a fui en exil en Inde en 1959 après l’échec d’un soulèvement contre la domination chinoise, comme un dangereux séparatiste. Le moine, prix Nobel de la paix, dit rechercher seulement une véritable autonomie pour son pays himalayen.

Les visites à l’étranger du Dalai Lama exaspèrent la Chine, et de moins en moins de dirigeants souhaitent le rencontrer, craignant les conséquences de la colère chinoise, bien que certains aient tenté de calmer Pékin en disant que la rencontre était d’ordre personnel et non à titre officiel.

Zhang Yijiong, qui dirige le groupe de travail du Parti communiste sur le Tibet, a dit à des journalistes en marge d’un congrès du Parti qu’il ne pouvait y avoir d’excuse à une rencontre avec le Dalai Lama.

« Bien que certains disent que le Dalai Lama est un personnage religieux, que leur gouvernement n’a pas fait acte de présence, qu’il ne s’agissait que d’une entrevue personnelle, c’est faux » a dit Zhang, est également vice-ministre du Département du front uni du travail, qui a conduit à l’échec des discussions avec les représentants du Dalai Lama.

« Les officiels, de par leurs fonctions, représentent leur gouvernement dans toutes les activités en lien avec l’étranger. Aussi j’espère que les gouvernements du monde entier s’expriment et agissent de manière prudente, accordent toute leur considération à l’amitié avec la Chine et respectent la souveraineté chinoise ».

La Chine a pris le contrôle du Tibet en 1950, ce qu’elle nomme une « libération pacifique », et a mis la pression sur les gouvernements pour éviter le Dalai Lama, usant de moyens économiques pour punir ceux qui le recevraient.

La Chine nie fermement les accusations d’abus des droits de l’homme au Tibet, disant que sa politique a apporté la prospérité à ce qui était une région reculée et arriérée, et qu’elle respecte totalement les droits religieux et culturels du peuple tibétain.

La Chine insiste également sur le fait que le Tibet est partie intégrante de son territoire depuis des siècles.
Zhang, qui a travaillé au Tibet de 2006 à 2010 comme adjoint au chef du Pati communiste, a dit qie le bouddhisme tibétain était une religion spéciale « née dans notre Chine ancienne ».

« C’est une religion chinoise. Ce n’est pas venu de l’extérieur. »
Reportage de Ben Blanchard; publié par Kim Coghill